Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /Nov /2008 20:04

Beunos dias!

Me revoila sur les routes. Je suis parti avec le Piero de l'autre côté de l'atlantique direction le mexique. Pour cela nous avons créé le blog de notre association. Ce blog sera donc mis à jour avec partimonie. Je vous conseille d'aller voir celui-ci : http://amydermes.free.fr/journal/blog/ 




Hasta luego!!!!

Par Greiyg
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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 07:09

Namasté,

On quitte la ville d'Amritsar où nous avions internet sur le laptop... Nous préparons la suite de notre périple... Cependant ce ne sera pas forcément rapide car nous nous envolons vers les hauts sommets himalayens.

Merci pour vos commentaires.

Bien à vous et bon train (Krystine prépare une page sur les transports indiens...)

Par Greiyg
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 17:11

Nous allons donc  poursuivre notre route en direction du désert du Thar, dans la cité de Jaisalmer.

Nous prenons un bus de nuit, dans une atmosphère suspicieuse très désagréable. En effet, non seulement les hommes qui nous entourent à la gare routière ont des têtes patibulaires, mais en plus, la Guest House qui nous a été conseillée à Jodhpur par un de ceux qui tenait celle où nous étions si bien, sent l’embrouille à plein nez. Nous arrivons à 4 hrs du matin, on vient nous chercher ainsi que deux jeunes anglais partis pour un périple de 6 mois, et nous voici tous quatre dans cette maison, à des heures où nous ne pensons qu’à une chose, dormir, en train de  boire le chaï de bienvenu, avec sous les yeux des photos de safari de chameaux que l’on veut nous vendre et dont nous n’avons rien à faire. Puis nous montons sur la terrasse, ambiance désert du Maghreb, coussins à même le sol et table basse au programme. Nous n’avons toujours pas vu les chambres. Etrange, étrange….   Tout finissant par arriver, nous voici face à ce qui était décrit comme un havre de paix au milieu du désert : des chambres minables, sombres, vétustes, pour un prix… je vous laisse deviner. Ni une ni deux, nous décidons de partir, malgré l’insistance non pas de nos hôtes mais de… de quoi d’ailleurs ?.. et nous nous retrouvons avec nos sacs qui ont doublé de volume depuis le départ, dans des rues poussiéreuses à 6hrs du matin. Direction, une autre Guest House, conseillée par un couple d’Américains rencontrés à Mont Abu. L’accueil est chaleureux, c’est simple et sympathique, nous resterons donc trois jours.


Le problème d’une cité du désert, c’est justement… le désert. Ah ! Verdure, forêt, rivière et température printanière… C’est beau, tranquille, les gens qui vivent dans la rue où nous logeons sont extrêmement gentils, mais il fait chaud. Très chaud. Trop chaud. Christine va d’ailleurs prendre un coup de chaleur qui va la clouer dans une chambre à 40° pendant presque tout le séjour, problèmes intestinaux en sus, quant à Greg, bien qu’en meilleure forme, il a perdu toute sa légendaire énergie. Malgré tous ces désagréments dûs à une trop longue période sous la température juste post glacière de Haute Loire, la cité de Jaisalmer est enivrante. Ce sont des coins et recoins de petites rues sableuses chargées d’histoire, de nourriture et de bouses de vaches. Le fort qui domine le désert, est frétillant comme un parc d’attraction. Ici des enfants jouent au criquet, là un dromadaire tire une chariote chargée d’étoffes, enfin la vie quoi. La vie au ralenti car la chaleur rend l’homme lent, sage, lucide et averti. Ici, le vent est chargé comme l’haleine d’un pompier le 14 juillet dans nos contrées. Chaud, lourd, une respiration de sable qui chauffe la peau. Après ces pérégrinations dans cette magnifique ville nous prenons une grande décision : il faut partir et remonter vers le Nord, non seulement pour changer un peu de climat, mais aussi de région et de spiritualité. Nous optons pour le Nord-Ouest , La ville de Amritsar, la patrie des Sikhs et de leur temple d’Or, à quelques kilomètres de la frontière du Pakistan.

Par Krystine & Greiyg
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 09:26

Vendredi 1er août. Nous avons laissé la plume depuis déjà une semaine, mais nous ne serons pas en peine de remonter dans le temps, et de parcourir à nouveau l’espace, car les images sont encore bien fraîches. Enfin … « fraîches » n’est sans doute pas le terme le plus approprié comme vous allez vous en rendre compte. Pour ceux qui suivent notre petit périple, n’hésitez pas à mettre des commentaires et à aller consulter les pages thématiques ainsi que les photos.




Nous ne sommes pas partis de Jodhpur le jour dit mais le lendemain. Nous étions bien dans cette petite ville qui rappelons-le, frôle le million d’habitants, mais à l’échelle de l’Inde, qu’est-ce donc, je vous le demande ?.. Nous sommes bien partis toutefois en quête d’épices que nous avons fini par trouver après moults pérégrinations et tractations infructueuses. Nous avons commencé par des échoppes à touristes situées près de la Tour de l’Horloge, testant le safran, rare et cher et dont ils se servaient pour alpaguer les occidentaux et leur vendre le reste de leur camelote.




Voici le procédé usité par ces filous vendeurs de mauvaises épices… Ils s’approchent, parfois souriant, parfois apitoyants, parfois businessmen… Quand ils arrivent à en rapatrier quelques uns vers leur boutique, ils  les assoient sur des bancs drapés de tentures colorées et leurs servent une tisane de leur cru, la même chez tous les vendeurs,  dont ils louent les vertus régénératrices : le cœur, le foie (comment diable savent-ils que les français ont le foie accablé ?), les reins, l’estomac, les intestins… et j’en passe et des meilleurs. Puis ils sortent de sous une table un sachet magique, où se mélange pêle-mêle cannelle, cardamome, gingembre et faux safran. Lorsque, d’ailleurs, on leur demande du safran, ils s’affairent à  expliquer que c’est le pistil d’un crocus qui pousse dans le cachemire en nous montrant photo et coupe longitudinale et nous précise qu’il en existe du faux et du vrai.  Pour étayer leurs dire ils nous font gouter, toucher, voir… On les croit, y’a du bon et du pas bon. Ils possèdent d’ailleurs tous les deux types en quantité romanesque. C’est étrange de discourir sur le fait que le faux safran n’a aucun goût et est fait, pour l’un avec des fibres de noix de coco, pour l’autre avec du papier journal et d’en proposer à la vente… . Ils présentent aux touristes des masalas (mélanges d’épices) pour absolument tout type d’ingrédient : patate masala, poulet masala, haricot masala, riz masala, poisson masala, ma salade masala. Une arrivait même à expliquer à un public de français, anglais, espagnol et chinois dans leur langue natale les différentes méthodes de préparations. Ca donnait un truc comme ça : « You take poulet con powder et Jiu
Bon Good Bueno Jiā … »
Un moment surréaliste dans le monde du touriste aux pays des roupies. Et nous repartons les mains jaunies de safran mais vides avec cependant la vessie surchargée de leur tisane qui en tous cas, après un litre et demi,  est extraordinairement diurétique...




A dire vrai, cette sensation, consciente sur le moment , d’être vraiment pris pour un touriste, donc  pour une pompe  à roupies, n’est pas des plus agréables à moins que, comme Greg, vous preniez tout cela  avec du recul et beaucoup d’humour parce que vous savez au fond de vous que vous n’allez rien leur prendre. Nous décidons de nous écarter de la vieille ville et de sortir des remparts pour nous retrouver au cœur de la vraie cité, vivante et laborieuse. C’est en rentrant du restaurant que nous nous arrêtons devant L’Epicerie que nous recherchions. Un magasin sans chichi ni tralala, ouvert sur la rue, dont le patron un vieux Sikh avec son turban sur la tête et un sourire à décrocher des montagnes, nous salue puis s’en retourne vers ses autres clients, comme si nous n’étions pas là, ou presque. Ne pas être pris pour un touriste dans un pays où on l’est, requiert un véritable travail. Il faut les trouver les petits endroits comme celui-ci, où l’on est comme les autres, ni plus ni moins que quelqu’un qui veut acheter des bons produits. Car c’est effectivement ce que nous allons trouver. Une caverne d’Ali Baba regorgeant de tout ce pourquoi nous étions partis en quête, et excellent qui plus est. Nous allons lui acheter des épices, du safran, du thé, bref… plus de 4 kg supplémentaire dans le sac à dos… Quand on aime… 

 

Par Krystine & Greiyg
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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 09:40

Depuis dix jours, nous goutons aux délices contrastés de l’Inde. Nous sommes arrivés à Mumbai mardi 15 juillet sur le coup de onze heures. Il pleut. Une pluie chaude et safranée sous laquelle les indiens semblent avoir pour essentielle occupation de dodeliner de la tête et de patienter. Le but de cette journée a été de fuir cette énorme métropole de quelques 18 millions d’habitants étalés sur 440 km² dont la grande majorité se cache dans les bidonvilles. Ceux de Bombay sont les plus grands d’Asie, c’est dire… Ceci dit nous déambulerons dans la capitale commerciale indienne en fin de parcours. En attendant, nous songeons à fuir ce tohu-bohu gigantesque. Donc rickshaw direction la gare, enfin, une gare car Mumbai en compte au grand minimum une vingtaine et est-il vraiment possible de compter ? Nous décidons de rejoindre une sorte de station balnéaire tranquille située à une centaine de kilomטtres au nord de Mumbai dans l’état du Gujarat. Cent kilomטtres, c’est peu pour ce pays colossal… Mais pas si simple...

Le rickshaw, donc, après avoir pris soin de nous déposer dans une banque afin de remplir notre rôle de touriste, nous lâche à la gare ferroviaire d’Andheri où tout se déroule sans tracas. Nous arrivons en moins d’une heure à attraper un billet de train pour Vapi et à monter dans un wagon. Il y a d’ailleurs quelque chose de délicieux à monter dans ces trains surchargés en étant occidental. Les indiens sont nombreux, certes. Mais ils jouent dans les transports à « c’ui qui pousse le plus gagne ». Or, si on caricature, les indiens riches sont gras car ils ne font pas de travaux physiques et les indiens faisant des travaux physiques sont pauvres donc maigres. On en conclue rapidement que ce n’est pas si dur de gagner à leur jeu « Pousse toi ou je te pousserai »… Ce n’est pas si dur mais ça engendre rapidement d’énormes gouttes de sueur polluée sur nos fronts pâles. Après un changement de train sans intérêt nous montons dans celui qui devra nous amener à destination. C’est un wagon « sleeper class », c'est-à-dire des banquettes ce faisant face sur trois niveaux la nuit en position sommeil et sur deux la journée avec le plus bas en position « sardine » et le plus haut en position « sieste ». Là, plus de place, ni en haut, ni en bas. Nous nous posons donc dans un couloir, calmes et sereins. Air et odeur forts. Un homme tente de nous expliquer quelque chose en hindi… Il semble inquiet et insiste sans agressivité. Premier arrêt. Ce train semble desservir la banlieue de Mumbai. Une nuée de passagers monte dont un qui nous cause et nous conseille de glisser nos sacs ailleurs, ce que nous finissons par faire. On se faufile dans une petite zone, qui paraît un peu plus calme… Les arrêts suivants voient le train se transformer en gigantesque boite à sardine… On compte facilement une douzaine de voyageurs au mètre carré, un tetris humain comme dirait Stephen… Nous sommes serrés, compressés, mais on finit par nous proposer gentiment une petite place assise, chacun sur une banquette différente. Les gens se sont poussés pour nous permettre d’être un peu plus confortables. Puis le wagon se dégonfle affablement et nous continuons tranquillement notre route, muets de contemplation. Rien de remarquable sinon un travesti en sari qui fait du gringue à Greg. (Pour info, l’homosexualité masculine est punie de prison alors qu’il n’existe aucune loi sur l’homosexualité féminine…) A chaque arrêt, des vendeurs montent dans le train pour nous proposer qui du chaï, qui des choses à manger, qui des gadgets colorés et bringuebalants. Le trajet va durer 5 heures. Premier aperçu des transports dont nous allons user, abuser, sans être désabusés, quoique souvent bien fatigués. Nos voisins de siège nous font comprendre le temps qu’il nous reste et nous indiquent la station quelques minutes avant que le train ne s’arrête. Ce qui sous-entend : « Récupérez vos sacs sous les sièges au plus vite, et direction la porte pour pouvoir : Pousser, repousser et enfin descendre sans être coincés par ceux qui se trouvent sur le quai et qui ne vont pas attendre que vous soyez descendus pour s’engouffrer dans le wagon. » Nous obtempérons.

Nous voici arrivés à Vapi. Nous voulons en partir pour rejoindre Daman, cité balnéaire prisée par les Indiens. Certains Indiens. Mais est-il utile de répéter encore une fois, qu’il en est qui ne bougeront jamais de leurs bidonvilles et de leurs bouts de trottoirs sales, puants, pouilleux, infirmes, mendiants… Bref, nous n’allons pas insister, peut-être y reviendrons-nous. Sans doute… Nous sommes donc partis depuis la veille, 8 heures du matin. Il est presque 18 heures… Vapi semble être une ville sans âme, la Givors indienne résumerait bien l’affaire .

Daman. On y trouve un fort, des églises, des plages, des restos et très peu de touristes en cette saison. Notre hôtel, ancienne bâtisse coloniale avec d’énormes portes de bois massif et une icône de la vierge au dessus de la porte des cuisines. Cocasse. Ce ne sera donc qu’une brève étape sans charme particulier sinon celle de la bouffe indienne. Ca, c’est de la cuisine végétarienne, on verra plus tard en détail ces merveilles…

Nous visitons la ville, profitons de l’ambiance « sans touristes », qui nous permet de nous fondre dans la foule sans être l’objet de toutes les convoitises. Si l’alcool est interdit en bien des endroits en Inde, ou seulement autorisé discrêtement, il l’est ici, sans doute des restes de la culture européenne. Il est temps pour nous de songer à avancer. Direction le Rajasthan. Nous allons donc nous renseigner… Mais hélas, pas de train, ni le lendemain, ni le surlendemain, rien tout au moins qui correspond. Reste le bus, que nous propose gentiment la petite dame derrière son guichet.
- « Where is the bus company in Vapi ? » Christine asked.
- Where?
- Yes, where » Des regards indiens qui s’entrecroisent et… rires. Des dents blanches éclatantes. Impossible à expliquer, nous comprendrons pourquoi plus tard. Il faut téléphoner. Grand moment de solitude.

Nous optons donc pour le déplacement in situ, plus simple. Direction la gare routière pour prendre un bus utilisé seulement par des Indiens étonnés et ravis de nous y voir. L’un d’eux va même téléphoner pour nous et demander quelques explications bien utiles après coup. La spontanéité de certains, leur affabilité, presque par hasard, est surprenante. Ils proposent et indiquent, sans même qu’on leur demande puis repartent comme ils étaient arrivés… Bref, nous par contre, ne le sommes pas encore… Descendre du bus, prendre une direction, traverser la voie ferrée, après avoir attendu que le train passe, suivre le flot, revenir sur nos pas, demander à des passants, finir par arriver pour s’entendre dire que c’est bien là une compagnie mais que les réservations sont ailleurs, prendre un rickshaw, finir par trouver et enfin, le billet est pris. Un Sleeper pour deux… Royal. Nous pourrons même dormir. Précisons en effet que le voyage va durer 15 heures…

Un bus… Prenez quelques roues, un moteur, de la poussière, de vagues sièges bringuebalants, une boite de vitesse avec un brin d’arthrite, nous voilà partis. Nous nous installons confortablement dans notre petit caisson : duvets et vitres ouvertes. Christine s’emmitoufle dans des écharpes et ne bouge plus… Ce n’est pas l’endroit le plus coquet que nous allons trouver… Nous sommes à l’étage du bus ce qui se traduit par : une fois tu tapes la tête contre le plafond, une fois contre les parois… Le bus avance et dehors… route sablée et odeurs chaudes et violentes. Les gens fourmillent à chaque arrêt. Flotte, bouffe, chaï… La nuit passe avec tiédeur et mauvais sommeil. Le crépuscule pointe son nez avec les montagnes aiguisées du Rajasthan. Dehors, tout est orange : la terre, le ciel, les gens et leurs turbans. Nous allons donc voir la Venise de l’Orient : Udaïpur.

Il est tôt, la ville est encore ensommeillée. Nous n’avons cependant aucune difficulté à trouver un rickshaw qui va nous conduire à l’adresse que nous lui indiquons. Les rickshaws sont sans aucun doute les personnes dont nous aurons le plus croisés la route. A l’affût des touristes, connaissant les horaires des trains et des bus, ils se rassemblent par dizaine pour proposer leur service. Reste donc à marchander un peu, et nous voilà en route… Monter dans un rickshaw après des heures de transport, c’est un peu comme se retrouver d’un seul coup dans la cohue et la vie, sans y être vraiment. C’est un peu comme un spectateur qui sentirait les odeurs, ressentirait les soubresauts et les coups, comme si nous participions nous aussi, et entrions soudainement dans ce qui sera notre espace et notre lieu pour un temps encore inconnu. Nous passons notre temps, comme dans tout voyage, à quitter un logis pour en découvrir un, avec des yeux neufs et purs. Et même si, invariablement, nous traversons la vie grouillante de la ville, celle des bords de gare, des trottoirs, des marchés, du tohu-bohu, c’est pour arriver au final, dans une petite zone de tranquillité où nous pourrons nous doucher et poser nos gros sacs de touristes blancs. Udaïpur…Du haut de la terrasse de la Guest House où l’on vient de réveiller le personnel endormi, nous contemplons le lac Pichola à demi asséché. Des palais, des temples, des ghâts, un pont et les monts Aravelli embrumés. Cette ville est remarquable par sa beauté mais aussi par ces rues remplies d’indiens envieux et patibulaires qui ne cessent de quémander. Les rues étroites au bitume ensablé et bouseux lui confère cet aspect inénarrable des villes indiennes. Pour exemple, un jeune indien d’une dizaine d’année nous demande d’échanger son euros contre sa valeur en roupies (quelques 7O) soit de quoi se faire au moins deux bons repas, aprés avoir observé son léger embonpoint, nous lui faisons comprendre qu’il ferait mieux de commencer une collection de pièces étrangères. Il insiste, nous aussi. Un échange aux antipodes de l’image zen que nous avons de l’Inde s’ensuit. Nous ne resterons donc pas autant que prévu. Quelques achats, la visite d’un palais admirable, d’un temple hindou enrubanné d’une fresque kama-sutresque puis nous chaussons un nouveau bus vers Mount Abu, zone de fraicheur au milieu des plaines arides du Rajasthan.

Mount Abu est une zone de villégiature Gujarati. C’est le point culminant du Rajasthan perché à 1200 m d’altitude où la température et les macaques nous conviennent parfaitement. Hôtel kitch et coquettement indien. Balade autour du lac et visite d’un somptueux amas de temples jaïns multiséculaires. C’est une éclatante vision que de voir des dentelles de marbres envelopper cinquante-deux tirthankar cachés derrières des persiennes. Un vieil homme nous raconte que les artisans étaient payés à la poussière de marbre qu’ils produisaient. Nous rechaussons sandales et baise-en-ville puis rentrons escortés par un fichu malin qui nous amène dans une boutique où les tailleurs taillent et les vendeurs vendent.

La route se poursuit en bus, chaleur et klaxon, direction Jodhpur oש nous sommes actuellement. Jodhpur, la ville bleue. Du haut du superbe et immense fort Meheranghar que nous avons visité hier, les faחades des maisons sont comme une mer bleue qui s’étalerait dans un désert aride où souffle un vent brûlant. Illusion de fraîcheur dans une atmosphטre étouffante, ce bleu aurait pour objet d’éloigner les moustiques. La vieille ville, cœoeur de la cité de près d'un million d’habitants, s’organise autour de la Tour de l’Horloge, centre névralgique et touristique. Des marchés en apparence chaotiques, s’organisent en fait par thème ; là les tissus, ici les épices, plus loin les céréales. Et au milieu de tout ce joyeux tintamarre, des rues, des échoppes, des vaches, des gens, des animaux, des étals à même le sol, jonchés d’objets, de bracelets et tant de choses encore. En fait, oui, l’Inde c’est cela. La multitude, le bruit, la foule, l’abondance du tout, du rien. L’excès. Et au milieu de tout cela, nous. Et nous sommes plutôt bien dans cette ville. Nous n’en repartons que demain soir, en train de nuit « Express », 6 hrs jusqu’à Jaisalmer, la belle du désert. Pour l’heure, nous profitons de la fraîcheur de la terrasse de la Guest House, avant de partir en quête d’épices dont nous pourrons jouir dטs notre retour, histoire de ne pas couper trop brutalement le fil bien tenu qui nous relie à cette terre rude et profonde.

Par Krystine et Greiyg
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